Tatiana

Je viens de terminer un roman qui m’a tenue en haleine comme peu l’ont fait auparavant : Tatiana, de Paullina Simons. Un bouquin comme j’aime, qui donne des envies de ne pas éteindre la lampe de chevet (« encore 5 minutes… ») se relever la nuit, ou de se mettre au lit à 20h00 pour bouquiner :-).
Je viens donc écrire un billet pour partager ce coup de cœur, et peut-être de vous donner une piste pour un vrai beau moment de lecture.

Résumé : Eté 1941.Tatiana et Alexandre se rencontrent le jour où l’Allemagne déclare la guerre à l’Union soviétique.
Elle est russe, lui, bien qu’officier de l’armée Rouge, est américain. Ils s’aiment au premier regard, d’un amour absolu et interdit : lié par un terrible secret, Alexandre est promis à la sœur aînée de Tatiana. Ensemble, les amants illicites affronteront tous les dangers de cette guerre qui va bientôt précipiter la ville dans l’horreur, la famine, la peur, le froid, la mort. Mais une épreuve bien plus cruelle les attend la trahison…

Ce livre m’a vraiment vraiment plu, c’est une belle fresque romanesque sur fond historique comme je les aime. On se prend vraiment dans l’histoire, je me suis littéralement sentie transportée en Russie. On a faim, on a froid, on entend les bombardements, on suit les personnages qui se cherchent sans pouvoir se trouver, et surtout on vit leur intense histoire d’amour avec eux. On se n’ennuie pas une seconde, et cette histoire nous possède encore quelques minutes après avoir mis en pause notre lecture.

L’écriture est fluide, l’auteur décrit précisément les lieux, les gens et leur caractère, ce qui rend l’immersion encore plus forte.

Ce qui m’a surtout marquée avec ce livre, c’est que j’ai rarement vu l’amour écrit comme cela, c’est vraiment intense et très fort, sans jamais tomber dans l’eau de rose. Ça sonne tellement vrai !

Le côté historique m’a plu également, on apprend beaucoup sur la Russie à cette période de l’histoire. On découvre le quotidien de l’union soviétique pendant la guerre : les tickets de rationnement, la police secrète, les appartements collectifs, cette promiscuité qui rime pourtant avec chacun pour soi… C’est un bel hommage au peuple russe, qui a subi l’encerclement de Leningrad, le froid, la famine, les bombardements, la dureté du régime, avec un courage qui n’a d’égal que la grandeur de son âme.

J’ai fermé ce livre à regret, mais j’ai vu qu’il existait une suite : « Tatiana et Alexandre ». J’ai tellement envie de retrouver les personnages que je pense me précipiter dans une librairie acquérir ce livre dans les prochaines 48 h 😀 !

Made in Normandie – Août 2009

Combien de fois on a entendu « temps de normand », « réponse de normand »…  La Normandie a sa petite réputation. Eh bien, même si je n’en doutais pas une seconde, après y être allée, je le crie haut et fort : la Normandie, c’est joli ! Et même plus que ça, mais c’était pour la rime 😉

J’ai adoré les plages, les paysages, les maisons à colombages… Ces lieux chargés de nostalgie, d’histoire m’ont vraiment enchantée.

Nous y sommes allés en voiture et avions prévu un petit circuit.

La Pointe du Hoc : cette petite avancée de la côte normande, en partie terre américaine, est un lieu de commémoration du débarquement. De nombreux blockhaus et cratères de bombardement sont encore visibles et le site est aménagé pour la visite. On ne peut qu’éprouver du respect, en voyant les falaises que les sammies américains ont escaladé, sous un bombardement nourri, pour reconquérir la France.

Nous sommes allés nous promener et piquer une tête aux plage du Débarquement (Utah Beach et Omaha Beach). Ce sont des très belles plages, même si on les voit d’un autre œil lorsque l’on a en tête les images d’« Il fait sauver le soldat Ryan » ou « Le jour le plus long »…

A quelques kilomètres, se trouve le cimetière américain de Colleville-sur-Mer.

Ce lieu est impressionnant par le nombre de tombes qu’on y voit, son entretien impeccable (à mon avis, la tondeuse doit être passée tous les deux jours !), la paix qu’il y règne, et la vue que l’on a sur la mer… Je me suis promenée parmi les croix et les étoiles de David, on peut y voir des noms d’hommes venant de tous les états des USA, des dates de naissance et de mort trop rapprochées… C’était important pour moi d’y aller,  pour y rendre hommage à ces personnes venues se battre pour un pays qu’ils ne devaient connaître pour certains que par les livres de géographie, et enterrées si loin de chez elles. Arpenter ces lieux m’a serré le coeur.

Après cette séquence « historique », nous sommes allés à Cabourg. Cette petite ville est très agréable, avec une jolie plage et des belles maisons à colombages.

Nous nous sommes arrêtés ensuite à Deauville et Trouville. Nous nous sommes promenés à la tombée du jour sur les fameuses planches, avons admiré les magnifiques maisons normandes typiques, sommes entrés dans le Casino de Deauville, et pris en photo l’hôtel Normandie Barrière (une sorte de château de la Belle au Bois Dormant, mais à colombages 🙂 ) … avant de rentrer au camping quelques kilomètres plus loin !

Autre souvenir mémorable de nos vacances : les falaises d’Etretat. Ces formations naturelles sont réellement impressionnantes. Je ne sais pas ce que j’ai préféré, marcher sur la plage de galets avec les deux falaises à droite et à gauche, ou monter en haut d’une des deux falaises et apprécier le panorama, unique dans son genre…

Et enfin, mon coup de coeur : Honfleur.

J’ai adoré le vieux port, son bassin rempli de bateaux, ses façades d’ardoises qui semblent sortir tout droit d’une peinture… J’ai été émerveillée par cette ville, ses commerces avec des devantures anciennes, ses petites galeries d’art…

Vous l’aurez compris, la Normandie est une région qui m’a plue !

Si vous n’habitez pas très loin, ou si jamais vous passez à côté, il n’y a que deux mots à dire « Allez-y » !

Le Liseur / The Reader

Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l’un de leurs rites consiste à ce qu’il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain.

Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de ses études de droit, au procès de cinq criminelles SS qui ont envoyé des dizaines de femmes à la mort; et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.

J’avais vu à l’époque l’affiche du film, puis des extraits, qui m’avaient beaucoup donné envie. J’ai compris qu’il s’agissait de l’adaptation d’un livre et j’ai résolu de lire ce dernier avant. Sans regrets ! J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, qui m’a intrigué puis tenu en haleine pour une bonne partie.

Pourquoi Hanna a-t-elle disparu du jour au lendemain ? Pourquoi a-t-elle choisi de s’engager dans les SS ? Quel secret se cache derrière son attitude étrange ?

Outre les traumatismes d’une Allemagne d’après guerre poursuivie par les crimes perpétrés par les SS, outre l’histoire d’amour entre Hanna et Michaël, qui va vivre à travers la jeune femme le passé terrible de son pays, ce livre nous procure une réflexion sur la fierté, l’orgueil et notamment sur les conséquences dramatiques que ce trait de caractère humain peut engendrer.

Cet ouvrage pose également des questions sur le devoir de mémoire.

Que doivent faire les générations futures face aux crimes des anciennes ? L’Allemagne devra-t-elle éternellement être pointée du doigt comme criminelle contre l’humanité ?

L’adaptation ciné est très réussie, fidèle au point d’y retrouver l’intensité de l’écriture : à voir !

La part de l’autre

« 8 octobre 1908 : Adolf Hitler est recalé.
Que se serait-il passé si l’École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde… »

Qui ne s’est jamais demandé quelle personne il serait aujourd’hui si tel ou tel épisode de sa vie avait été différent ?

Ce roman raconte deux histoires en parallèle : celle d’Hitler,  tel que nous le connaissons et celle d’Adolf H., l’homme qu’aurait pu devenir Hitler s’il n’avait pas échoué au concours d’entrée à l’école des beaux-arts. A la place de devenir un artiste raté et frustré, il se serait épanoui dans la peinture, changeant ainsi le cours de sa vie et par conséquent le cours de l’Histoire.

Dans la partie concernant Hitler, l’auteur nous fait découvrir l’intimité d’Hitler, ses psychoses, ses névroses, ses frustrations, toutes ses choses qui, accumulées, vont le conduire vers la folie. On retrouve ici des aspects connus du personnage, et on en découvre d’autres, plus psychologiques, peut-être romancés mais très documentés et qui lui collent à la peau.

Dans les passages relatant la vie d’Adolf H. on fait la connaissance d’un personnage, introverti, passionné par son art, et qui,  malgré une timidité prononcée, parvient à se hisser dans la cour des artistes et fait son petit bout de chemin.A la différence de son alter ego, il est conscient de ses problèmes même si il ne sait pas les expliquer, et va se prendre en main et demander de l’aide.

« Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances mais chacun en a sur ses choix. »

Hitler aurait-il pu être autre ? Un autre moi aurait-il pu être Hitler ? Éric-Emmanuel Schmitt ne base pas uniquement son propos sur ce qu’aurait été le monde sans l’épisode du nazisme, mais plutôt sur la comparaison de la vie des deux personnages.

Plus qu’une simple uchronie, La part de l’autre montre à la fois que le monde aurait pu être tout autre et que chacun de nous renferme un Hitler en puissance, une possibilité de faire le mal. Ce livre fait réfléchir et surtout laisse songeur quant à tout ce qui aurait pû être -et surtout ne pas être- si Hitler avait trouvé en lui la capacité d’assumer ses échecs.

Un très bon livre, passionnant, tant du point de vue historique que du point de vue personnel, qui marque l’esprit et qui continue à vivre en soi longtemps après que la dernière page se soit tournée…

Le Cercle Littéraire des Amateurs d’Epluchures de Patates

J’ai lu récemment un roman qui m’a beaucoup plu et que je conseille, le Cercle Littéraire des Amateurs d’Épluchures de Patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.

Ce roman épistolaire commence à Londres en 1946. Dans cette ville se reconstruit Juliet, jeune écrivain qui cherche un thème pour son nouveau roman.  Un jour, elle trouve dans sa boite aux lettres le courrier d’un habitant de Guernesey qui a acheté un de ses anciens livres à un bouquiniste, et qui évoque le « Cercle Littéraire des Amateurs d’Épluchures de Patates ». Commence alors une correspondance désopilante qui va ouvrir Juliet à ce club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé.

Frais, drôle (un humour très anglais assez omiprésent !),  pétillant, attendrissant,  poétique, ce livre m’a scotchée (je l’ai lu en 3 jours, un peu dans le bus le matin, un peu dans le bus le soir et finalement un peu beaucoup à la maison).

La communauté décrite dans ce roman possède une force de vie extraordinaire, on s’attache à tous ces personnages qui ont découvert la littérature un peu par obligation, pour échapper à la prison allemande. Mais qui finalement sont tous, d’une manière ou d’une autre, touchés par un texte, un écrivain, un univers.

Enfin, en plus d’être un hymne à la lecture, ce livre est un hymne au voyage : il y a une telle poésie dans la description des paysages et des habitudes sur l’île que l’on voudrait s’y rendre et s’imprégner des lieux, encore jamais vus mais pour autant déjà familiers.

PS : Pour tous ceux qui auraient été intrigués par la titre (moi la première) : le véritable nom du Cercle est « Le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey » :D.

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