Tatiana

Je viens de terminer un roman qui m’a tenue en haleine comme peu l’ont fait auparavant : Tatiana, de Paullina Simons. Un bouquin comme j’aime, qui donne des envies de ne pas éteindre la lampe de chevet (« encore 5 minutes… ») se relever la nuit, ou de se mettre au lit à 20h00 pour bouquiner :-).
Je viens donc écrire un billet pour partager ce coup de cœur, et peut-être de vous donner une piste pour un vrai beau moment de lecture.

Résumé : Eté 1941.Tatiana et Alexandre se rencontrent le jour où l’Allemagne déclare la guerre à l’Union soviétique.
Elle est russe, lui, bien qu’officier de l’armée Rouge, est américain. Ils s’aiment au premier regard, d’un amour absolu et interdit : lié par un terrible secret, Alexandre est promis à la sœur aînée de Tatiana. Ensemble, les amants illicites affronteront tous les dangers de cette guerre qui va bientôt précipiter la ville dans l’horreur, la famine, la peur, le froid, la mort. Mais une épreuve bien plus cruelle les attend la trahison…

Ce livre m’a vraiment vraiment plu, c’est une belle fresque romanesque sur fond historique comme je les aime. On se prend vraiment dans l’histoire, je me suis littéralement sentie transportée en Russie. On a faim, on a froid, on entend les bombardements, on suit les personnages qui se cherchent sans pouvoir se trouver, et surtout on vit leur intense histoire d’amour avec eux. On se n’ennuie pas une seconde, et cette histoire nous possède encore quelques minutes après avoir mis en pause notre lecture.

L’écriture est fluide, l’auteur décrit précisément les lieux, les gens et leur caractère, ce qui rend l’immersion encore plus forte.

Ce qui m’a surtout marquée avec ce livre, c’est que j’ai rarement vu l’amour écrit comme cela, c’est vraiment intense et très fort, sans jamais tomber dans l’eau de rose. Ça sonne tellement vrai !

Le côté historique m’a plu également, on apprend beaucoup sur la Russie à cette période de l’histoire. On découvre le quotidien de l’union soviétique pendant la guerre : les tickets de rationnement, la police secrète, les appartements collectifs, cette promiscuité qui rime pourtant avec chacun pour soi… C’est un bel hommage au peuple russe, qui a subi l’encerclement de Leningrad, le froid, la famine, les bombardements, la dureté du régime, avec un courage qui n’a d’égal que la grandeur de son âme.

J’ai fermé ce livre à regret, mais j’ai vu qu’il existait une suite : « Tatiana et Alexandre ». J’ai tellement envie de retrouver les personnages que je pense me précipiter dans une librairie acquérir ce livre dans les prochaines 48 h 😀 !

L’Homme qui voulait vivre sa vie

Synopsis : Ben Bradford est un modèle de réussite sociale. De la pression parentale cherchant à le détourner de ses ambitions artistiques, il a fait le moteur de son ascension vers les hautes sphères de Wall Street. Ben Bradford lutte, et pourtant, il est bien obligé de se rendre à l’évidence : « réussir », « le plus américain des verbes », le fait vomir. Ce n’est pas avec fierté qu’il pose son regard sur la somme de ses possessions, mais en détaillant chaque objet par le menu, connaissant son prix au dollar près, contraint d’admettre que sa frénésie de dissimule mal un terrible besoin de se sentir exister. Sa luxueuse banlieue l’oppresse et croule sous l’épaisse couche de vernis de l’american way of life qui ternit pourtant un jour à la faveur d’une sordide histoire d’adultère. Et là, Ben Bradford commet l’irréparable. S’ensuit une fuite éperdue, l’adoption forcée d’une nouvelle identité, et la révélation d’un destin qui s’épanouit malgré lui.

Qui ne s’est jamais senti étouffé dans une cage dorée, pourtant construite barreau par barreau à la sueur de son front ? Qui n’a jamais rêvé de fuir, tout quitter, changer de vie, se construire une nouvelle identité… Ben Bradford l’a fait. Pas de son plein gré, mais la vie lui a fourni le détonateur.

J’ai beaucoup apprécié ce livre, dans lequel, je pense, beaucoup de monde peut se reconnaître. Le personnage a toujours voulu être photographe, et par pression sociale ascendante, il se retrouve avocat spécialisé dans les successions, domaine dans le quel il excelle. Il se fait lentement grignoter par la vie, en ayant un enfant, puis deux, en achetant une maison en banlieue, en proposant à sa femme d’arrêter de travailler : il se retrouve dans une existence qui ressemble en tous points à celle que tous deux s’étaient jurés de ne jamais avoir… Nombre d’entre nous pourraient se faire cette réflexion à la trentaine passée !

Tout bas­cule quand il se rend compte que sa femme le trompe, qui plus est avec un pho­to­graphe… Au cours d’une al­ter­ca­tion, il tue accidentellement ce der­nier. Il doit alors fuir et se ré­in­ven­ter une nou­velle vie. J’ai aimé ici comment le personnage arrive à tout calculer, froidement, pour se réaliser une nouvelle identité. L’auteur aurait pu ici ne pas donner assez d’explications, nous dégouter de lire la suite en tombant dans de mauvais scénarios, trop peu crédibles, mais non : tout est pensé, réfléchi et très réaliste.

Le roman est bien écrit, bien construit (en 3 parties très différentes), il y a beaucoup de suspens.
La partie « road trip » dans les Etats-Unis est particulièrement bien écrite, on s’imagine les paysages du Montana, quasi « photographiques ».

Un très bon polar, et l’adaptation ciné, francisée d’ailleurs, est à voir ! Au casting, Romain Duris et l’excellent Niels Arestrup.

Il peut y avoir plusieurs vies dans une vie, tout peut recommencer…

Les livres de ma vie

Dans cet article, j’ai réuni une sélection de livres qui m’ont marqués, pour des raisons plus ou moins différentes, à certains moments de ma vie. Je trouve cet exercice intéressant, déjà parce qu’il a fallu faire un choix, et puis il paraît qu’on est ce que qu’on lit… Donc une introspection en quelque sorte 🙂

Et puis aussi parce que ces recherches dans les tréfonds de ma mémoire m’ont rappelé plein de choses et que j’ai envie de relire beaucoup de choses maintenant.

Voici donc ma sélection :

Mon 1er livre (du moins le 1er que je me rappelle avoir lu) : Les Lettres de mon Moulin, d’Alphonse Daudet.

Je me souviens avoir lu et relu ce livre, étant petite. J’ai commencé à lire seule tôt, vers 5 ans, et apparemment, je réclamais des livres à corps et à cris, et on m’a offert celui-là. J’ai pleuré pour la Chèvre de Monsieur Seguin mangée par le loup, ri de la Mule du Pape qui envoyait une ruade bien sentie au garçon qui l’avait embêtée des années plus tôt, salivé en lisant les description du buffet de Noël dans les Trois Messes Basses … Je ne sais pas si j’avais tout compris à l’époque, car il y a des morales intéressantes derrière chaque conte, et certains d’entre eux sont moins intéressants pour des enfants, mais je garde le souvenir de bons moments de lecture.  Et je relis ce recueil avec plaisir actuellement. C’est tendre, drôle, frais, et ça sent bon la Provence.

Le livre qui a marqué mon enfance : La guerre des boutons, de Louis Pergaud.

Enfin un livre où on peut lire des gros mots avec la bénédiction du maître 😉 Que ce que j’avais ri avec ce bouquin ! Je me suis régalée à lire la guerre des petits paysans de Longeverne contre « ceusses » de Velrans, à découvrir les différentes idées de Lebrac pour éviter les désagréments de la défaite (la guerre cul-nu : mythique ! ), les tactiques pour emporter la victoire, les tours pendables joués aux adultes… Je l’ai relu il y a peu, et je me suis rendue compte que ce livre était intéressant pour toutes les anecdotes historiques : on y voit l’application de l’école obligatoire au début du XX° siècle, la toute nouvelle laïcité… Un vrai trésor.

Le livre qui a marqué mes années collège : Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl.

« J’ai une passion pour enseigner aux enfants de devenir des lecteurs ; d’être à l’aise avec un livre et non pas découragés. Les livres ne devraient pas être décourageants mais amusants, passionnants et merveilleux ; et apprendre à être un lecteur est un avantage terrible. » – Roald Dahl.

Ma professeur de français de 6° m’a fait découvrir les œuvres de Roald Dahl : centrées sur l’enfant, fraiches, drôles, pétillantes, touchant du doigt le fantastique… toutes aussi géniales les unes que les autres.  Roald Dahl est pour moi le meilleur auteur jeunesse. J’ai dévoré « Sacrées sorcières », « le Bon Gros Géant », « Fantastique Maître renard », « Matilda » « James et la Pêche Géante« …

Mon préféré a été Charlie et la Chocolaterie. Normal pour une gourmande 🙂 L’auteur y a imaginé des sucreries merveilleuses, délicieuses et simplement déjantées, les enfants qui participent au concours avec Charlie sont des vraies caricatures, Willy Wonka est génialement toqué… un régal encore une fois ! Le film de Burton est excellent aussi, à lire et à voir !

Le livre qui a marqué mes années lycée : Shining, de Stephen King

Shining, ou l’ouvrage qui m’a permis de me rendre compte qu’on pouvait avoir peur avec un livre ! J’ai découvert les livres de Stephen King au lycée, période pendant laquelle j’en ai lu pas mal, mais celui-ci restera gravé dans ma mémoire… Je me revois dans ma chambre, à me relever pour fermer les volets et la porte à clef, puis continuer à livre nerveusement, et ne pas arriver à tourner une page tellement j’avais la trouille ! Il s’agissait d’un passage sur une bonne femme pourrissant dans sa baignoire que le petit garçon voit dans une certaine chambre, le père s’y rend, et la page se finit sur « il ouvrit la la porte et… » 🙂

Le livre qui m’a plus fait rire : Le journal de Bridget Jones, d’Helen Fielding

Ce livre un un vrai mythe, il n’y a pas d’autres mots. Ce journal intime est drôle, frais, très anglais  et tellement vrai ! On a toutes en nous une Bridget Jones, il y a toujours une Rebecca trop parfaite qui rôde, on a toutes fantasmé au moins une fois sur un homme appartenant à une des catégories interdites (alcoolique, bourreau de travail, phobique de l’engagement, mégalomane, voyeur, enfoiré affectif, pervers), et qui n’a pas rêvé d’un Mark Darcy, avocat spécialiste des droits de l’homme, gendre idéal qui plie ses caleçons en 4 🙂

Le livre qui m’a plus fait pleurer : Le cercle des poètes disparus, de N.H. Kleinbaum

Ce livre et ce film sont d’une intensité rare. On suit ces jeunes gens qui étudient dans un collège très très strict pour avoir ensuite une carrière toute tracée comme le veut papa, et qui vont s’ouvrir à la poésie, à l’anticonformisme, à l’amitié, à la vie, grâce au génial professeur M. Keating. Je ne révèlerai pas la fin, sachez qu’elle est quelque peu dramatique, et on s’attache tellement à ces personnages que j’ai pleuré à chaudes larmes.
Ce beau, très beau livre, donne envie d’avancer et de cueillir chaque jour les roses de la vie. Carpe Diem mon Capitaine !

Le livre que tout le monde devrait avoir lu : 1984, de Georges Orwell.

Parce que je pense que l’on peut arriver très vite à un régime policier et totalitaire, et parce ce livre montre bien où peut mener la réduction des libertés et « l’abrutissement » des peuples. L’auteur illustre bien ici qu’un dictateur, voire un parti peut manipuler à souhait une population qui ne connaît pas son histoire. La connaissance est la meilleure gardienne des valeurs humaines, c’est elle qui empêche d’accepter n’importe quoi.

Et vous quels sont les livres qui vous ont marqué ?

Le Scaphandre et le Papillon

Le Scaphandre et le Papillon, ça a été d’abord pour moi un petit bouquin au nom un peu poétique et de ce fait accrocheur, recommandé par un magazine parce que l’adaptation ciné allait sortir. Un petit détour par mon libraire plus tard, et me voilà à découvrir cet ouvrage autobiographique, qui s’est révélé être un condensé d’humour, d’amertume et de réflexions sur la vie. Je me suis ensuite précipitée au cinéma pour voir l’adaptation, parfaitement réussie.

4° de couverture : A jamais statufié, muet, exilé à l’intérieur de lui-même, il jette toute sa vie dans ce carnet de voyage immobile parce qu’elle va finir dans peu de temps. Après son accident cardiovasculaire, Jean-Dominique Bauby est ce mort vivant qu’un seul battement de cil rattache encore au monde et à la confidente qui déchiffre, un à un, ses derniers mots.

Adieu à la vie, dont les images dansent encore devant lui. Le visage d’une femme aimée, un air populaire, une nuit blanche à Saint-Pétersbourg ou un jour incandescent dans le Nevada, un film de Fritz Lang, les petits riens et les grandes espérances. Et puisqu’il faut quitter tout cela, autant le faire sans peur, et même avec le sourire.

Le journaliste qu’il était a remis sa dernière copie, inoubliable lettre adressée d’un pays inconnu.

Publié quelques jours avant la mort de Jean-Dominique Bauby, « Le scaphandre et le papillon » a été traduit en 23 langues et vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde entier.

Ce livre m’a incroyablement touché. J’ai un immense respect pour Jean-Dominique Bauby, qui composé et mémorisé chaque jour de son hospitalisation des lignes de ce livre, pour dicter cette magnifique lettre ouverte au monde, lettre par lettre, en papillonnant d’une paupière. Rien que pour cela, l’homme force l’admiration.

Emmuré dans son corps, l’auteur nous livre des réflexions sur sa vie d’avant, sa famille, les femmes de sa vie, sur ce qu’il ressent actuellement, sur la vie en général.
Le ton est à la fois juste, amer, et même parfois drôle. Et surtout pas larmoyant.

J’ai donc adoré ce livre, hymne au carpe diem, au cheval sur lequel on voulait parier sans l’avoir fait, et qui a finalement gagné la course.

Le film est très réussi également. Touchant, sincère, plein d’émotions et de sensibilité, un travail remarquable pour un sujet si complexe à aborder. Presque tout le film est vu de l’œil unique du personnage, et on entend une voix-off qui nous livre ses pensées : cela restitue bien le ton du livre.
Mathieu Amalric est magistral dans ce rôle, il exprime tellement de choses sans pour autant bouger, quelle interprétation ! Je ne suis pas très objective quand il s’agit de juger cet acteur, mais c’est pour moi un de ses meilleurs rôles, je ne vois personne d’autre à sa place ici. Au casting, on trouve également Marie-Josée Croze et Niels Arestrup.

En plus, les images sont très belles, et la bande sonore est très bien choisie. Vous l’aurez compris, un beau film qui vous prend au cœur.

L’Ombre du vent

Il y a un an ou deux, je suis tombée lors d’une brocante sur ce livre : l’Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon. Séduite par le résumé, j’ai décidé de le prendre, et je n’ai vraiment pas été déçue. J’ai appris ensuite qu’il a été un best-seller.

Le récit débute à Barcelone, après la guerre civile marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Un matin de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est convié par son père, modeste boutiquier de livres, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans de nombreux secrets : « L’Ombre du vent’. Pourquoi les romans de cet auteur mystérieux sont-ils brûlés les uns après les autres ? Pourquoi tant de mystère ?

A la lecture de ce résumé, on pourrait croire qu’il s’agit d’un conte initiatique, un peu philosophique sur les bords… Eh bien, pas que ! Ce livre s’apparente plus à une enquête policière sur fond de Barcelone d’après-guerre, tant le suspens y est présent.

J’ai vraiment passé un très bon moment en lisant ce livre, que j’ai parcouru par intermittence, le matin et soir dans le bus. Il fait partie du cercle très fermé des « Quoi, comment, on est déjà arrivés au travail ?! Mais, mais… non quoi. » 🙂

J’ai adoré le contexte, imaginé en lisant ces pages les rues de Barcelone à cette époque, les commerces, les bus, les habitations… L’auteur nous transporte, dépeignant cette ville, et la vie qui l’habite d’une façon poétique et magique. Le thème du livre m’a bien plu aussi : le livre comme trésor à sauvegarder, le livre comme passage de relais, le livre comme compagnon d’une vie, le livre pour passer à l’âge adulte… On suit ce garçon, on le voit grandir au fur et à mesure qu’il découvre le secret qui se cache derrière cet ouvrage.

L’intrigue est également très bien écrite, les personnages sont attachants et drôles, bien qu’un peu caricaturaux peut-être. On touche même un peu au fantastique à certains moment, ce qui n’a pas été pour me déplaire.

Je ne pourrais en dire plus sous peine de dévoiler l’intrigue, je conclurais en répétant que « L’Ombre du vent » est une lecture que je conseille vivement !

Dead Zone

John Smith, comme son nom l’indique, est un type banal. Jusqu’à ce qu’un accident de voiture le plonge dans un coma profond. Quand il revient enfin à lui, il est en apparence le même. Mais il a ramené quelque chose de la zone morte où il gisait pendant tant de mois ; un don de prémonition qui le mettra vite devant un terrible dilemme. Pour préserver le monde d’un mal inéluctable, devra-t-il tuer cet homme fanatique et dangereux en passe de devenir le prochain président des États-Unis ?


Stephen King a écrit beaucoup de livres : plusieurs que j’ai trouvé moyens, beaucoup que je qualifierais de bons, certains de très bons, et quelques-uns d’entre eux d’extraordinaires. C’est le cas de Dead Zone. Pour moi l’un de ses meilleur livres , avec Misery et Running Man.

Pas de monstres pourrissants, de vampires, ou de revenants comme souvent chez l’auteur, mais un don à la limite du paranormal, qui fait que l’on se sent très proche de Johnny Smith. L’histoire est prenante, le style est toujours aussi fluide – on se rapproche de la pure science-fiction, mais toujours avec la « touche » Stephen King- , les personnages sont attachants, et surtout le suspens est plus qu’au rendez-vous : je me souviens être restée une journée entière à lire ce livre, ne rejoignant les repas familiaux qu’à contrecœur ! Et je pense maintenant que si j’avais été chez moi, je me serais nourrie d’aliments que l’on peut avaler en lisant, sans me déloger de mon fauteuil ! 🙂

Une fois le livre fermé, difficile d’arrêter de penser a ce que l’on ferait avec une telle faculté. Aurait-on le droit d’intervenir ?

Le Liseur / The Reader

Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l’un de leurs rites consiste à ce qu’il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain.

Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de ses études de droit, au procès de cinq criminelles SS qui ont envoyé des dizaines de femmes à la mort; et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.

J’avais vu à l’époque l’affiche du film, puis des extraits, qui m’avaient beaucoup donné envie. J’ai compris qu’il s’agissait de l’adaptation d’un livre et j’ai résolu de lire ce dernier avant. Sans regrets ! J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, qui m’a intrigué puis tenu en haleine pour une bonne partie.

Pourquoi Hanna a-t-elle disparu du jour au lendemain ? Pourquoi a-t-elle choisi de s’engager dans les SS ? Quel secret se cache derrière son attitude étrange ?

Outre les traumatismes d’une Allemagne d’après guerre poursuivie par les crimes perpétrés par les SS, outre l’histoire d’amour entre Hanna et Michaël, qui va vivre à travers la jeune femme le passé terrible de son pays, ce livre nous procure une réflexion sur la fierté, l’orgueil et notamment sur les conséquences dramatiques que ce trait de caractère humain peut engendrer.

Cet ouvrage pose également des questions sur le devoir de mémoire.

Que doivent faire les générations futures face aux crimes des anciennes ? L’Allemagne devra-t-elle éternellement être pointée du doigt comme criminelle contre l’humanité ?

L’adaptation ciné est très réussie, fidèle au point d’y retrouver l’intensité de l’écriture : à voir !

La part de l’autre

« 8 octobre 1908 : Adolf Hitler est recalé.
Que se serait-il passé si l’École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde… »

Qui ne s’est jamais demandé quelle personne il serait aujourd’hui si tel ou tel épisode de sa vie avait été différent ?

Ce roman raconte deux histoires en parallèle : celle d’Hitler,  tel que nous le connaissons et celle d’Adolf H., l’homme qu’aurait pu devenir Hitler s’il n’avait pas échoué au concours d’entrée à l’école des beaux-arts. A la place de devenir un artiste raté et frustré, il se serait épanoui dans la peinture, changeant ainsi le cours de sa vie et par conséquent le cours de l’Histoire.

Dans la partie concernant Hitler, l’auteur nous fait découvrir l’intimité d’Hitler, ses psychoses, ses névroses, ses frustrations, toutes ses choses qui, accumulées, vont le conduire vers la folie. On retrouve ici des aspects connus du personnage, et on en découvre d’autres, plus psychologiques, peut-être romancés mais très documentés et qui lui collent à la peau.

Dans les passages relatant la vie d’Adolf H. on fait la connaissance d’un personnage, introverti, passionné par son art, et qui,  malgré une timidité prononcée, parvient à se hisser dans la cour des artistes et fait son petit bout de chemin.A la différence de son alter ego, il est conscient de ses problèmes même si il ne sait pas les expliquer, et va se prendre en main et demander de l’aide.

« Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances mais chacun en a sur ses choix. »

Hitler aurait-il pu être autre ? Un autre moi aurait-il pu être Hitler ? Éric-Emmanuel Schmitt ne base pas uniquement son propos sur ce qu’aurait été le monde sans l’épisode du nazisme, mais plutôt sur la comparaison de la vie des deux personnages.

Plus qu’une simple uchronie, La part de l’autre montre à la fois que le monde aurait pu être tout autre et que chacun de nous renferme un Hitler en puissance, une possibilité de faire le mal. Ce livre fait réfléchir et surtout laisse songeur quant à tout ce qui aurait pû être -et surtout ne pas être- si Hitler avait trouvé en lui la capacité d’assumer ses échecs.

Un très bon livre, passionnant, tant du point de vue historique que du point de vue personnel, qui marque l’esprit et qui continue à vivre en soi longtemps après que la dernière page se soit tournée…

Le Cercle Littéraire des Amateurs d’Epluchures de Patates

J’ai lu récemment un roman qui m’a beaucoup plu et que je conseille, le Cercle Littéraire des Amateurs d’Épluchures de Patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.

Ce roman épistolaire commence à Londres en 1946. Dans cette ville se reconstruit Juliet, jeune écrivain qui cherche un thème pour son nouveau roman.  Un jour, elle trouve dans sa boite aux lettres le courrier d’un habitant de Guernesey qui a acheté un de ses anciens livres à un bouquiniste, et qui évoque le « Cercle Littéraire des Amateurs d’Épluchures de Patates ». Commence alors une correspondance désopilante qui va ouvrir Juliet à ce club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé.

Frais, drôle (un humour très anglais assez omiprésent !),  pétillant, attendrissant,  poétique, ce livre m’a scotchée (je l’ai lu en 3 jours, un peu dans le bus le matin, un peu dans le bus le soir et finalement un peu beaucoup à la maison).

La communauté décrite dans ce roman possède une force de vie extraordinaire, on s’attache à tous ces personnages qui ont découvert la littérature un peu par obligation, pour échapper à la prison allemande. Mais qui finalement sont tous, d’une manière ou d’une autre, touchés par un texte, un écrivain, un univers.

Enfin, en plus d’être un hymne à la lecture, ce livre est un hymne au voyage : il y a une telle poésie dans la description des paysages et des habitudes sur l’île que l’on voudrait s’y rendre et s’imprégner des lieux, encore jamais vus mais pour autant déjà familiers.

PS : Pour tous ceux qui auraient été intrigués par la titre (moi la première) : le véritable nom du Cercle est « Le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey » :D.

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