L’Homme qui voulait vivre sa vie

Synopsis : Ben Bradford est un modèle de réussite sociale. De la pression parentale cherchant à le détourner de ses ambitions artistiques, il a fait le moteur de son ascension vers les hautes sphères de Wall Street. Ben Bradford lutte, et pourtant, il est bien obligé de se rendre à l’évidence : « réussir », « le plus américain des verbes », le fait vomir. Ce n’est pas avec fierté qu’il pose son regard sur la somme de ses possessions, mais en détaillant chaque objet par le menu, connaissant son prix au dollar près, contraint d’admettre que sa frénésie de dissimule mal un terrible besoin de se sentir exister. Sa luxueuse banlieue l’oppresse et croule sous l’épaisse couche de vernis de l’american way of life qui ternit pourtant un jour à la faveur d’une sordide histoire d’adultère. Et là, Ben Bradford commet l’irréparable. S’ensuit une fuite éperdue, l’adoption forcée d’une nouvelle identité, et la révélation d’un destin qui s’épanouit malgré lui.

Qui ne s’est jamais senti étouffé dans une cage dorée, pourtant construite barreau par barreau à la sueur de son front ? Qui n’a jamais rêvé de fuir, tout quitter, changer de vie, se construire une nouvelle identité… Ben Bradford l’a fait. Pas de son plein gré, mais la vie lui a fourni le détonateur.

J’ai beaucoup apprécié ce livre, dans lequel, je pense, beaucoup de monde peut se reconnaître. Le personnage a toujours voulu être photographe, et par pression sociale ascendante, il se retrouve avocat spécialisé dans les successions, domaine dans le quel il excelle. Il se fait lentement grignoter par la vie, en ayant un enfant, puis deux, en achetant une maison en banlieue, en proposant à sa femme d’arrêter de travailler : il se retrouve dans une existence qui ressemble en tous points à celle que tous deux s’étaient jurés de ne jamais avoir… Nombre d’entre nous pourraient se faire cette réflexion à la trentaine passée !

Tout bas­cule quand il se rend compte que sa femme le trompe, qui plus est avec un pho­to­graphe… Au cours d’une al­ter­ca­tion, il tue accidentellement ce der­nier. Il doit alors fuir et se ré­in­ven­ter une nou­velle vie. J’ai aimé ici comment le personnage arrive à tout calculer, froidement, pour se réaliser une nouvelle identité. L’auteur aurait pu ici ne pas donner assez d’explications, nous dégouter de lire la suite en tombant dans de mauvais scénarios, trop peu crédibles, mais non : tout est pensé, réfléchi et très réaliste.

Le roman est bien écrit, bien construit (en 3 parties très différentes), il y a beaucoup de suspens.
La partie « road trip » dans les Etats-Unis est particulièrement bien écrite, on s’imagine les paysages du Montana, quasi « photographiques ».

Un très bon polar, et l’adaptation ciné, francisée d’ailleurs, est à voir ! Au casting, Romain Duris et l’excellent Niels Arestrup.

Il peut y avoir plusieurs vies dans une vie, tout peut recommencer…

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